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- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - 2005-10-19 | [This text should be read in francais] | Submited by Ionescu Bogdan
1. Lettre Ă un inconnu
Paris, le 9 novembre 1868. Monsieur, Auriez-vous la bontĂ© de faire la critique de cette brochure dans votre estimable journal. Pour des circonstances indĂ©pendantes de ma volontĂ©, elle n'avait pu paraitre au mois d'août. Elle parait maintenant a la librairie du Petit Journal, et au passage EuropĂ©en chez Weil et Bloch. Je dois publier le 2e chant Ă la fin de ce mois-ci chez Lacroix. AgrĂ©ez, Monsieur, mes salutations empressĂ©es. L'Auteur. 2. Lettre Ă VICTOR HUGO [Cette lettre, retrouvĂ©e en 1980 Ă Guernesey dans la maison de Victor Hugo, a Ă©tĂ© publiĂ©e pour la première fois en 1983 dans le Bulletin du Bibliophile par François Chapon et Jacqueline Lafargue.] Paris, 10 novembre 1868 Monsieur, Je vous envoie 2 exemplaires d'une brochure qui, pour des circonstances indĂ©pendantes de ma volontĂ©, n'avait pas pu paraĂ®tre au mois d'Août. Elle paraĂ®t maintenant chez deux libraires du boulevard, et je me suis dĂ©cidĂ© Ă Ă©crire Ă une vingtaine de critiques, pour qu'ils en fassent la critique. Cependant au mois d'Août un journal, la Jeunesse, en avait parlĂ© ! J'ai vu hier Ă la poste un gamin qui tenait l'Avenir National entre ses mains avec votre adresse et alors j'ai rĂ©solu de vous Ă©crire. Il y a 3 semaines que j'ai remis le 2e chant Ă Mr Lacroix pour qu'il l'imprime avec le 1er. Je l'ai prĂ©fĂ©rĂ© aux autres, parce que j'avais vu votre buste dans sa librairie, et que je savais que c'Ă©tait votre libraire Mais jusqu'ici il n'a pas eu le temps de voir mon manuscrit, parce qu'il est très occupĂ©, me dit-il; et si vous vouliez m'Ă©crire une lettre, je suis bien sûr qu'en la lui montrant, il se rendrait plus prompt et qu'il lirait le plus tĂ´t possible les deux chants pour les faire imprimer. Depuis dix ans je nourris l'envie d'aller vous voir, mais je n'ai pas le sou. Il y a 3 fautes d'imprimerie; les voici: Page 7 ligne 10: Au lieu de: si ce n'est ces larmes il faut si ce n'est ses Pag. 16 l.12: Mais l'homme lui est plus redoutable, il faut mais l'OcĂ©an P. 28. l'antĂ©pĂ©nultième. Au lieu de il est brave il faut il est beau. Voici mon adresse: Mr Isidore Ducasse rue Notre-Dame-des-Victoires,23 HĂ´tel: Ă l'union des nations Vous ne sauriez croire combien vous rendriez un être humain heureux, si vous m'Ă©criviez quelques mots. Me promettez-vous en outre un exemplaire de chacun des ouvrages que vous allez faire paraĂ®tre au mois de Janvier ? Et maintenant, parvenu Ă la fin de ma lettre, je regarde mon audace avec plus de sang-froid, et je frĂ©mis de vous avoir Ă©crit, moi qui ne suis encore rien dans ce siècle, tandis que vous, vous y êtes le Tout. Isidore Ducasse 3. Lettre Ă Monsieur DARASSE 22 mai 1869 Monsieur, C'est hier même que j'ai reçu votre lettre datĂ©e du 21 mai; c'Ă©tait la vĂ´tre. Eh bien, sachez que je ne puis pas malheureusement laisser passer ainsi l'occasion de vous exprimer mes excuses. Voici pourquoi: parce que, si vous m'aviez annoncĂ© l'autre jour, dans l'ignorance de ce qui peut arriver de fâcheux aux circonstances où ma personne est placĂ©e, que les fonds s'Ă©puisaient, je n'aurais eu garde d'y toucher; mais certainement j'aurais Ă©prouvĂ© autant de joie Ă ne pas vous Ă©crire ces trois lettres que vous en auriez Ă©prouvĂ© vous-même Ă ne pas les lire. Vous avez mis en vigueur le dĂ©plorable système de mĂ©fiance prescrit vaguement par la bizarrerie de mon père; mais vous avez devinĂ© que mon mal de tête ne m'empêche pas de considĂ©rer avec attention la difficile situation où vous a placĂ© jusqu'ici une feuille de papier Ă lettre venue de l'AmĂ©rique du Sud, dont le principal dĂ©faut Ă©tait le manque de clartĂ©; car je ne mets pas en ligne de compte la malsonnance de certaines observations mĂ©lancoliques qu'on pardonne aisĂ©ment Ă un vieillard, et qui m'ont paru, Ă la première lecture, avoir eu l'air de vous imposer, Ă l'avenir, peut-être, la nĂ©cessitĂ© de sortir de votre rĂ´le strict de banquier, vis-Ă -vis d'un monsieur qui vient habiter la capitale... Pardon, monsieur, j'ai une prière Ă vous faire: si mon père vous envoyait d'autres fonds avant le 1er septembre, Ă©poque Ă laquelle mon corps fera une apparition devant la porte de votre banque, vous aurez la bontĂ© de me le faire savoir? Au reste, je suis chez moi Ă toute heure du jour; mais vous n'auriez qu'Ă m'Ă©crire un mot, et il est probable qu'alors je le recevrai presque aussitĂ´t que la demoiselle qui tire le cordon, ou bien avant, si je me rencontre sur le vestibule... Et tout cela, je le rĂ©pète, pour une bagatelle insignifiante de formalitĂ©! PrĂ©senter dix ongles secs au lieu de cinq, la belle affaire; après avoir rĂ©flechi beaucoup, je confesse qu'elle m'a paru remplie d'une notable quantitĂ© d'importance nulle... [..............] 4. Lettre Ă POULET-MALASSIS (?) Paris, 23 octobre [1869].--Laissez-moi d'abord vous expliquer ma situation. J'ai chantĂ© le mal comme ont fait Mickiewickz, Byron, Milton, Southey, A. de Musset, Baudelaire, etc. Naturellement, j'ai un peu exagĂ©rĂ© le diapason pour faire du nouveau dans le sens de cette littĂ©rature sublime qui ne chante le dĂ©sespoir que pour opprimer le lecteur, et lui faire dĂ©sirer le bien comme remède. Ainsi donc, c'est toujours le bien qu'on chante en somme, seulement par une mĂ©thode plus philosophique et moins naïve que l'ancienne Ă©cole, dont Victor Hugo et quelques autres sont les seuls reprĂ©sentants qui soient encore vivants. Vendez, je ne vous en empêche pas: que faut-il que je fasse pour cela ? Faites vos conditions. Ce que je voudrais, c'est que le service de la critique soit fait aux principaux lundistes. Eux seuls jugeront en ler et dernier ressort le commencement d'une publication qui ne verra sa fin Ă©videmment que plus tard, lorsque j'aurai vu la mienne. Ainsi donc, la morale de la fin n'est pas encore faite. Et cependant, il y a dĂ©jĂ une immense douleur a chaque page. Est-ce le mal, cela ? Non, certes. Je vous en serai reconnaissant, parce que si la critique en disait du bien, je pourrais dans les Ă©ditions suivantes retrancher quelques pièces, trop puissantes. Ainsi donc, ce que je dĂ©sire avant tout, c'est être jugĂ© par la critique, et, une fois connu, ça ira tout seul. T.A.V. I. Ducasse M.I. Ducasse, rue du Faubourg-Montmartre, 32. 5. Lettre Ă POULET-MALASSIS (?) Paris, 27 octobre.[1869].-- J'ai parlĂ© Ă Lacroix conformĂ©ment Ă vos instructions. Il vous Ă©crira nĂ©cessairement. Elles sont acceptĂ©es, vos propositions: le Que je vous fasse vendeur pour moi, le Quarante pour % et le 13e ex. Puisque les circonstances ont rendu l'ouvrage digne jusqu'Ă un certain point de figurer avantageusement dans votre catalogue, je crois qu'il peut se vendre un peu plus cher, je n'y vois pas d'inconvĂ©nient. Au reste, de ce cĂ´tĂ©-lĂ , les esprits seront mieux prĂ©parĂ©s qu'en France pour savourer cette poĂ©sie de rĂ©volte. Ernest Naville (correspondant de l'lnstitut de France) a fait l'annĂ©e dernière, en citant les philosophes et les poètes maudits, des confĂ©rences sur Le problème du mal, Ă Genève et Ă Lausanne, qui ont dû marquer leur trace dans les esprits par un courant insensible qui va de plus en plus s'Ă©largissant. Il les a ensuite rĂ©unies en un volume. Je lui enverrai un exemplaire. Dans les Ă©ditions suivantes, il pourra parler de moi, car je reprends avec plus de vigueur que mes prĂ©dĂ©cesseurs cette thèse Ă©trange, et son livre, qui a paru Ă Paris, chez Cherbuliez le libraire, correspondant de la Suisse Romande et de la Belgique, et Ă Genève, dans la même librairie, me fera connaĂ®tre indirectement en France. C'est une affaire de temps. Quand vous m'enverrez les exemplaires, vous m'en ferez parvenir 20, ils suffiront. T.A.V. I. Ducasse. 6. Lettre Ă POULET-MALASSIS Paris 21 fĂ©vrier 1870 Monsieur, Auriez vous la bontĂ© de m'envoyer Le SupplĂ©ment aux poĂ©sies de Baudelalre. Je vous envoie ci-inclus 2 f., le prix, en timbres de la poste. Pourvu que ce soit le plus töt possible, parce que j'en aurais besoin pour un ouvrage dont je parle plus bas. J'ai l'honneur etc. I. Ducasse, Faubourg Montmartre, 32 Lacroix a-t-il cĂ©dĂ© l'Ă©dition ou qu'en a-t-il fait? Ou, l'avez-vous refusĂ©e? Il ne m'en a rien dit. Je ne l'ai pas vu depuis lors.--Vous savez, j'ai reniĂ© mon passĂ©. Je ne chante plus que l'espoir; mais, pour cela, il faut d'abord attaquer le doute de ce siècle (mĂ©lancolies, tristesses, douleurs, dĂ©sespoirs, hennissements lugubres, mĂ©chancetĂ©s artificielles, orgueils puĂ©rils, malĂ©dictions cocasses etc., etc.). Dans un ouvrage que je porterai Ă Lacroix aux 1ers jours de Mars, je prends Ă part les plus belles poĂ©sies de Lamartine, de Victor Hugo, d'Alfred de Musset, de Byron et de Baudelaire, et je les corrige dans le sens de l'espoir; j'indique comment il aurait fallu faire. J'y corrige en même temps 6 pièces des plus mauvaises de mon sacrĂ© bouquin. 7. Lettre Ă Monsieur DARASSE Paris, 12 mars 1870. Monsieur, Laissez-moi reprendre d'un peu haut. J'ai fait publier un ouvrage de poĂ©sies chez M. Lacroix (B. Montmartre, 15). Mais une fois qu'il fut imprimĂ©, il a refusĂ© de le faire paraĂ®tre, parce que la vie y Ă©tait peinte sous des couleurs trop amères, et qu'il craignait le procureur gĂ©nĂ©ral. C'Ă©tait quelque chose dans le genre de Manfred de Byron et du Konrad de Mickiewicz, mais, cependant, bien plus terrible. L'Ă©dition avait coûtĂ© 1200 f., dont j'avais dĂ©jĂ fourni 400 f. Mais, le tout est tombĂ© dans l'eau. Cela me fit ouvrir les yeux. Je me disais que puisque la poĂ©sie du doute (des volumes d'aujourd'hui il ne restera pas 150 pages) en arrive ainsi Ă un tel point de dĂ©sespoir morne, et de mĂ©chancetĂ© thĂ©orique, par consĂ©quent, c'est qu'elle est radicalement fausse; et par cette raison qu'on y discute les principes, et qu'il ne faut pas les discuter: c'est plus qu'injuste. Les gĂ©missements poĂ©tiques de ce siècle ne sont que des sophismes hideux. Chanter l'ennui, les douleurs, les tristesses, les mĂ©lancolies, la mort, l'ombre, le sombre, etc., c'est ne vouloir, Ă toute force, regarder que le puĂ©ril revers des choses. Lamartine, Hugo, Musset se sont mĂ©tamorphosĂ©s volontairement en femmelettes. Ce sont les Grandes-Têtes-Molles de notre Ă©poque. Toujours pleurnicher ! VoilĂ pourquoi j'ai complètement changĂ© de mĂ©thode, pour ne chanter exclusivement que l'espoir, l'espĂ©rance, LE CALME, le bonheur, LE DEVOIR. Et c'est ainsi que je renoue avec les Corneille et les Racine la chaĂ®ne du bon sens et du sang-froid, brusquement interrompue depuis les poseurs Voltaire et Jean-Jacques Rousseau. Mon volume ne sera terminĂ© que dans 4 ou 5 mois. Mais, en attendant, je voudrais envoyer Ă mon père la prĂ©face, qui contiendra 60 pages, chez Al. Lemerre. C'est ainsi qu'il verra que je travaille, et qu'il m'enverra la somme totale du volume Ă imprimer plus tard. Je viens, Monsieur, vous demander si mon père vous a dit que vous me dĂ©livrassiez de l'argent, en dehors de la pension, depuis les mois de novembre et de dĂ©cembre. Et, en ce cas, il m'aurait fallu 200 fr., pour l'impression de la prĂ©face, que je pourrais envoyer, ainsi, le 22, Ă Montevideo. S'il n'avait rien dit, auriez-vous la bontĂ© de me l'Ă©crire? J'ai l'honneur de vous saluer. I. Ducasse, 15, rue Vivienne
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